Trois clefs pour favoriser l’accouchement physiologique

L’ accouchement, point culminant de la grande épopée de la grossesse !

LE moment !

Celui que l’on attend et que l’on redoute aussi parfois.

Celui d’une expérience qui promet d’être énorme quelle que soit la manière dont on l’a vie parce que c’est tout simplement incroyable de donner la vie en laissant passer notre bébé de l’intérieur à l’extérieur de notre corps et car c’est LE passage qui donnera lieu à LA rencontre. C’est cet événement où ce petit inconnu niché au creux de notre corps devient un autre, notre enfant et où il prend un visage.

Mais cet accouchement, comment l’aborder ? Comment s’y préparer ?

 

Quelles sont les clefs fondamentales pour se donner les moyens de vivre au mieux son accouchement physiologique ?

Tout d’abord, un point capital :

Faire confiance : quelque chose en nous sait déjà comment accoucher !

Certes, notre mental peut se soulever devant une telle affirmation :

  • “Mais non, je ne sais pas moi, je ne l’ai jamais vécu !”
  • “Comment d’ailleurs un bébé va-t-il pouvoir passer par là ?”
  • “Comment mon corps va-t-il réussir à s’ouvrir suffisamment pour qu’il puisse naître ?”

Effectivement, quand on n’a jamais donné naissance, cela peut nous apparaître comme inconcevable, surréaliste, voire insurmontable. (Tant mieux pour vous si ce n’est pas votre cas 😉 )

Et pourtant… quelque chose en nous sait ! 

Personnellement, cette phrase éveille en moi force, profondeur, émotion et confiance et, cela fait du bien ! 🙂

 

a – Niveau physique, cellulaire

Prendre conscience de l’immensité de l’intelligence de notre corps, de la physiologie du corps de la femme.

Intelligence cellulaire

“Le corps sait !”

Comme un coeur sait battre sans que nous ayons à en maîtriser le rythme et que la respiration se fait à chaque instant de notre vie, le corps d’une femme sait aussi comment donner naissance. Nous, dans notre identité, dans notre vécu, nous n’en avons peut-être pas la moindre idée, mais lui, le corps, il sait !

Nous sommes arrivées sur terre avec cette intelligence cellulaire et physiologique dans nos bagages. N’est-ce pas merveilleux ?

Faisons confiance !!

b – Niveau de l’histoire personnelle : notre propre vécu

Nous connaissons le chemin la naissance, mais de l’intérieur.

Je m’explique : si nous sommes ici aujourd’hui, c’est que nous avons été ce bébé qui, seul ou avec de l’aide, a su trouver le chemin vers la vie. Cette expérience incroyable, nous l’avons vécue et, quelque part, nos cellules s’en souviennent.

 

c – L’histoire universelle

L’accouchement et la naissance sont l’histoire de l’humanité. En tant que mère ou future mère, nous sommes ainsi reliées à toutes les femmes-mères de l’ensemble de l’humanité au-delà du temps et de l’espace. C’est juste immense et puissant !

 

Transformer les mémoires difficiles

Vous me direz, pour certains, ces notions ne vous rassurent peut-être pas complètement car tant du point de vue de l’histoire de l’humanité que dans certains vécus personnels, la naissance a aussi son lot d’expériences difficiles. D’ailleurs, pour certaines d’entre vous qui sont déjà mamans et qui ont eu un précédent accouchement difficile, la mémoire de ce que votre corps (ou votre bébé) a vécu à ce moment-là participe peut-être à alimenter une inquiétude pour le déroulement d’une prochaine naissance.

En effet, ces mémoires personnelles, transpersonnelles et transgénérationnelles viennent faire se cristalliser certaines de nos peurs, de nos appréhensions face à l’arrivée de l’accouchement, parce que quelque part on a aussi engrammé le fait que, oui, cela peut aussi être difficile.

Mais, justement,  l’idée ici est d’apprendre à se déprogrammer de ces vécus qui collent à nos mémoires et qui ne nous appartiennent pas (ou du moins pas à la situation présente) pour être libre de tout poids dans cette naissance qui n’appartient qu’à nous, à notre enfant et à la grande énergie de la vie.

 

Ainsi, nous pouvons garder la dimension positive d’être reliées à l’histoire de la mise au monde, au fait que c’est un processus qui nous dépasse, qui se vit depuis la nuit des temps et que :

OUI, nous avons les ressources, la puissance et l’intelligence cellulaire de donner naissance à notre enfant !!!

 

 

Quelle est notre part de “boulot” ?

Maintenant que l’on sait qu’il faut en quelque sorte, laisser faire, laisser le processus se faire vu que le corps sait et que l’intelligence de la vie est à l’oeuvre : quelle est notre part de “boulot”? De quelle manière peut-on se préparer et participer à cela pour que cela se déroule au mieux?

 

1/ Apprendre à se détendre !

C’est bien gentil de dire de se détendre quand on approche d’un moment potentiellement stressant ou douloureux. Et pourtant… c’est une clef fondamentale !

En effet, il est dit que pour qu’un accouchement soit “réussi”, cela dépend autant de la qualité de la détente que de celle de la contraction !

Or, on connaît bien l’importance et la fonction des contractions mais parfois moins l’importance capitale d’avoir des moments de profonde détente entre les contractions (ou du moins d’être aussi détendue que possible 🙂 ).

ET oui, parfois entre les contractions, on peut avoir tendance à rester fixée sur l’intensité de la contraction que l’on vient de vivre ou à être tendue rien qu’à l’idée qu’une nouvelle contraction va arriver. On reste donc fixée dans le passé ou le futur alors que dans l’instant, le corps nous offre un moment de pause, une opportunité de nous retrouver, de retrouver de l’énergie avant de repartir pour une nouvelle contraction.

Sachons saisir cette opportunité de l’entre deux contractions : Savourons la détente !

La bonne nouvelle pour celles pour qui se relaxer n’est pas chose facile, c’est que : se détendre, cela peut s’apprendre ! Pour cela, je vous invite à pratiquer souvent des moments de relaxation. Plus vous aurez l’habitude de le pratiquer, plus vous retrouverez rapidement ce beau chemin cérébral et sensitif qui vous permet de vrais moments de détente profonde.

C’est la magie de la plasticité cérébrale: plus un chemin est emprunté fréquemment, plus il va être facile et rapide à prendre. En clair, plus vous vous détendez fréquemment, plus vous êtes facilement et rapidement détendue. C’est aussi simple que cela!

Plusieurs techniques sont appropriées pour trouver cet état de détente intérieur (respiration, yoga, chant prénatal, sophrologie, etc.). Nous en parlerons dans d’autres articles et vidéos. Mais c’est aussi à vous de trouver la vôtre, car nous n’empruntons pas tous les mêmes chemins pour arriver à la détente.

Une astuce précieuse :

Quand vous arrivez à atteindre des états de profonde détente dans votre vie, prenez quelques secondes pour enregistrer à l’intérieur de vous ces états internes de pleine relaxation. Mémorisez-les, peut-être en utilisant votre vécu sensoriel:

“Ici et maintenant, je me sens pleinement détendue, j’enregistre cet état dans toutes mes cellules.”

Ainsi, vous pourrez retrouver encore plus rapidement un état de détente totale en vous connectant simplement avec ces expériences que vous avez mémorisé dans vos cellules et votre mental. C’est comme si vous aviez enregistré les coordonnées GPS du lieu de votre détente mentale et physique idéale. Au moment venu, il vous suffira “simplement” de le mettre en route en mode “chemin le plus court”. Cela sera sûrement une aide précieuse, car chaque seconde de ressourcement est extrêmement précieuse quand on met au monde un enfant.

 

2/ Le lâcher prise

Parfois, la perspective de l’expérience imminente de l’accouchement peut nous amener à vouloir tout contrôler, tout savoir, tout comprendre et avoir fait toutes les préparations possibles et imaginables pour être prête pour le grand défi !

Certes, les outils de préparation à l’accouchement sont extrêmement précieux et il est intéressant de les pratiquer afin de les intégrer en profondeur et ainsi de pouvoir si besoin y trouver une ressource le jour J. Mais il ne faut pas oublier l’essentiel : si l’on reste du côté du contrôle, on est en mode néocortex et si l’on est en mode néocortex, on ne permet pas à notre cerveau archaïque de prendre la main, or c’est justement lui, ce cerveau archaïque,  qui est le maître de l’ensemble des processus en jeu dans l’accouchement physiologique.

Je ne dis pas ici qu’il ne faut pas se préparer! Simplement, une fois que l’on s’est préparé avec les outils qui nous parlent, l’idée est d’apprendre à comprendre à quel point il est intéressant d’accepter de ne plus rien maîtriser et ainsi  s’ouvrir complètement à l’instant et à l’expérience. Contacter cette véritable confiance intérieure, cet espace de stabilité à l’intérieur de soi. Avoir foi en son corps et en la vie et plonger de tout notre être.

Dans ce profond lâcher prise, de quoi s’agit il?

Ok, c’est dur, ok cela fait peur, ok, je ne sais pas vraiment où je vais où du moins comment y aller mais j’y vais, je m’ouvre, je lâche prise et je plonge ! Je plonge dans mon corps, je m’ouvre comme jamais je ne pensais pouvoir m’ouvrir et je laisse le grand processus se faire et me traverser.

C’est en étant dans ce total lâcher prise que l’on donne le plus de chances à notre corps d’être complètement emporté dans processus physiologique et d’optimiser ainsi le fait que notre accouchement se déroule au mieux. Car tant que l’on est dans la physiologie, on a toutes les chances que notre accouchement se déroule au mieux.

 

3/ Accueillir la douleur

Une invitation à changer son rapport à la douleur.

Non, la douleur n’est pas notre ennemi ! Non, ce n’est pas elle qui va nous empêcher d’accoucher !

La contraction est notre alliée !

La douleur est un guide !

Comment ça un guide ?

La douleur est un signe du corps qui pendant l’accouchement nous indique là où il y a une résistance.

Ces indications douloureuses ou simplement sensorielles (pour celles qui ont la chance que ce ne soit pas douloureux) nous révèlent les endroits, les zones corporelles que nous avons à ouvrir :

Là où il y a douleur c’est qu’il y a tension. Là où il y a tension c’est justement là qu’il faut détendre, ouvrir pour laisser la place au passage du bébé.

 

“La douleur est à notre mesure”.

Certains disent que, si la femme s’abandonne et sait pleinement lâchez prise, “la douleur est à la hauteur de la femme” (mais pas forcément de ce qu’elle connaît d’elle-même).

Et que, par contre, si l’on résiste au processus, aux sensations, alors, la douleur est à la hauteur de nos résistances.

L’idée, ici, n’est surtout pas de vous faire peur et que vous vous disiez: “Mais moi, je n’arrive jamais à me détendre, à lâcher prise, j’ai d’énormes résistances donc la douleur va être horrible!” Non! Ce n’est pas du tout cela.

L’idée est justement de dire que les sensations ressenties sont traversables si l’on ne lutte pas contre. Vous avez la ressource et la force pour les vivre et les traverser puisqu’elles sont à votre mesure. Et plus vous serez dans la confiance et le lâcher-prise, plus vous irez “avec” voire même à l’intérieur de la douleur, plus vous pourrez la vivre et la traverser. Plus vous accepterez les sensations et les douleurs, moins il y aura souffrance.

Voici une citation qui m’a beaucoup parlé personnellement et qui va dans ce sens :

« Si tu ne veux pas tomber en proie à la douleur, marche à sa rencontre »

C’est comme cela que j’ai vécu mes contractions. A chaque fois que j’en sentais une arriver, j’allais vers elle.

La comparaison qui me vient est celle du surfeur dans les vagues. J’étais là, profitant du calme entre deux contractions et dès que j’observais une vague/contraction qui commençait à se former au loin/dans les profondeurs de mon corps, j’allais vers elle. J’allais à sa rencontre par l’ouverture, par le son, je la rejoignais pour monter en puissance avec elle. Ainsi, à la place de rester figée et de me faire écraser par cette vague qui s’explosait sur moi, je nageais vers elle puis avec elle et ensuite j’essayais de l’accompagner le plus loin possible. Je surfais. Bien sûr elle était puissante, énorme, douloureuse, mais j’allais “avec”. Avec la force de la foi que, plus j’allais avec dans un grand oui, plus cela oeuvrait pour que la grande danse de la physiologie s’opère et pour que mon corps puisse permettre à mon bébé de naître.

L’ocytocine : LA partenaire idéale de votre accouchement !

Maintenant, j’aimerais vous parler de cette hormone merveilleuse et passionnante qui est l’hormone de l’accouchement.

Sans rentrer ici dans les détails des processus endocriniens, l’idée est de comprendre l’importance de favoriser tout ce qui facilite et décuple les sécrétions d’ocytocine.

Pourquoi ? Parce que l’ocytocine, l’hormone du bonheur, de l’amour et de la sexualité est aussi celle qui lors de l’accouchement régit l’ensemble des processus suivants :

  1. le déclenchement de l’accouchement
  2. les contractions
  3. la détente
  4. le soulagement de la douleur (L’ocytocine, quand elle est sécrétée suffisamment, déclenche les sécrétions d’endorphines qui, en tant que morphine naturelle, soulagent notre douleur.)

Autant vous dire que c’est donc THE HORMONE de l’accouchement !

L’ocytocine c’est LA partenaire idéale pour nous accompagner dans notre accouchement si l’on va vers un accouchement physio. 

 

Mais, (oui, il y a un mais) si l’ocytocine a cette puissance extraordinaire de jouer sur tous les plans de notre accouchement, elle est aussi une hormone timide.

Timide, dans le sens où, elle peut hésiter à se sécréter si le contexte n’est pas favorable.

Si l’on regarde un peu plus loin, cette “timidité” est une intelligence extra ordinaire !

L’intelligence de la nature

L’intelligence de la nature fait que, chez les mammifères, s’il y a danger, il y a stress, et s’il y a stress, il y a sécrétion de cortisole (l’hormone du stress). La cortisole étant un inhibiteur de l’ocytocine, le stress bloque donc naturellement l’accouchement. Et en un sens cela est merveilleux, autant pour la sécurité du bébé que pour celle de la maman, il est important, voire vital de ne pas accoucher dans un contexte de danger. Effectivement, cela ferait de la dyade les proies vulnérables d’un prédateur opportuniste.

Alors, si le fait que le stress soit un facteur limitant de la sécrétion d’ocytocine pour les naissances des mammifères dans la jungle est une aubaine, cela n’en est pas forcément une bonne nouvelle dans nos sociétés d’humains stressés et dans les conditions “normales” des naissances actuelles.

Je m’explique : le cadre lambda proposé en général comme contexte pour donner naissance est souvent l’inverse de ce qui aiderait notre sécrétion d’ocytocine.

Bon, ne soyons pas mauvaise langue: bien sûre, beaucoup de lieux et de praticiens tentent de plus en plus de transformer les pratiques et de proposer un cadre plus “physio-friendly”. Cependant, fréquents sont encore les accouchements qui se déroulent sous une lumière forte, sans possibilités de mouvements du fait des divers fils de monitoring ou de perfusion. Souvent,  un flux de praticiens varié et continu  et de stimulations mentales rendent difficile la création de notre bulle. Or cette bulle est nécessaire pour plonger dans nos sensations intérieures, lâcher le mental et pour nous abandonner dans “la grande expérience”.

Comment optimiser nos chances de sécréter de l’ocytocine ?

Il s’agit donc de connaître un peu mieux quels sont les facteurs favorisant la sécrétion d’ocytocine :

  • l’accueil et l’écoute de la douleur considérée comme un guide pour ouvrir et ajuster notre corps
  • la détente entre les contractions
  • le lâcher prise pour oser plonger dans l’expérience
  • un cadre, intime, bienveillant et sécurisant qui nous invite à aller à l’intérieur de nous même, au plus près de nos sensations, de notre intimité et de notre instinct.
  • se protéger des sources de stress et se détacher de toutes stimulations mentales ou sensorielles extérieures.

Ce cadre varie en fonction de qui nous sommes et de ce qui nous fait du bien.

Il est intéressant de prendre le temps de réfléchir à ce qui, vous, vous aiderait à créer cette belle bulle d’accouchement !

Ainsi, vous pourrez le partager à votre compagnons/accompagnant, car c’est lui qui en sera le garant le jour J. Ensemble, vous pourrez le formuler dans un projet de naissance pour communiquer vos demandes et vos besoins à l’équipe de praticiens afin d’oeuvrer en conscience pour un contexte favorable à votre bien-être et donc à la physiologie le moment venu.

 

Si cela vous intéresse, sachez que dans une vidéo et un article à suivre, nous développerons de manière plus concrète les éléments qui sont susceptibles de favoriser la grande danse de l’ocytocine. Ainsi, vous disposerez d’astuces pratiques pour oeuvrer concrètement pour vivre au mieux votre accouchement physiologique.

 

Parce que la naissance et l’accouchement sont des expériences uniques et que l’on s’enrichit toujours les uns/unes les autres, nous serons ravis de lire dans vos commentaires, ce qui, vous, vous a aidé à préparer ou à vivre au mieux votre accouchement !

N’hésitez pas aussi à nous faire part de vos doutes ou de vos questions ci-dessous, nous ferons de notre mieux pour y répondre 🙂

 

Avec vous, sur le chemin,

Marie

 

 

 

 

 

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2 commentaires sur “Trois clefs pour favoriser l’accouchement physiologique”

    1. Heureuse que cela vous ait inspiré au point d’avoir envie de le revivre ! C’est bon signe 😉

      Cela me rappelle la préparation de mon dernier stage que j’animais sur L’expérience sacrée de l’enfantement (stage grossesse et Yoga-méditation) : a force de me replonger dans toute l’intelligence de la physiologie et dans tout l’aspect de transcendance que pouvait avoir le fait d’accoucher, cela me donnait, comme vous, pleinement envie de revivre à nouveau cette si grande expérience 🙂

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