C’est tout juste sorti du cinéma que je vous partage mes impressions sur un merveilleux film : L’arbre de l’enfance, aux racines de l’être.

L’objet du film est de répondre à plusieurs questions : quels sont les impacts de l’éducation reçue dans l’enfance sur le rôle d’adulte, de parent, d’enseignant, d’éducateur ? Comment donner aux enfants la possibilité de devenir des adultes heureux ? Qu’est-ce qui continue à vivre de l’enfance chez les adultes et par quelles transformations passer afin de vivre plus en harmonie ?

3 récits s’entremêlent au cours du film :

  • celui de Juliette, que l’on va suivre entre l’âge de 11 et 17 ans.
  • celui de Béatrice qui nous partage son cheminement en tant que parent.
  • celui de Daniel, père de 5 enfants, qui replonge dans ses souvenirs d’enfant à la recherche de son être profond.

Catherine Guéguen, pédiatre et auteure, entre autre, du livre Pour une enfance heureuse, éclaire, aussi discrètement qu’efficacement, ces trois récits grâce aux dernières recherches en neurosciences sociales et affectives.

Le film commence avec Juliette qui sera un peu le fil conducteur du film. Faible et forte, chaleureuse et sensible, elle est également enfant et adulte. Jamais très loin de son cheval ou de ses ânes, c’est en dressant qu’elle se construit. J’ai été impressionné de l’écouter nous confier les difficultés dans la relation avec sa mère et les adultes en général. La lettre qu’elle lit à la fin du film est d’une pureté et d’une profondeur vraiment stupéfiante.

La participation de Béatrice, mère de 43 ans dans le film, m’a également profondément touché. Quel chemin parcouru, quelle force et quelle humilité pour raconter face à la caméra qu’elle a frappée sa fille unique en bas âge. « Je me réveillais en ayant le ventre tordu de voir que j’avais été capable de faire du mal à ma fille. » Et de raconter son travail pour mettre à nu les raisons de ce comportement qu’elle ne comprend pas. « On avance en aveugle. Tant qu’on a pas revisité sa propre histoire, il reste beaucoup d’obscurité. »

Quant à Daniel, le récit du souvenir de son petit avion acheté à la foire est, là encore, tellement touchant. Alors qu’il ne souhaite que profiter, pour une fois, de son jouet (qu’il s’est lui-même acheté), Daniel casse le rateau familial en récupérant son petit avion dans l’arbre. Son père l’engueule immédiatement et le renvoie travailler au jardin. « J’ai remis l’avion dans sa boîte, l’ai fermé avec du scotch et je n’y ai plus jamais rejoué. » Comment mieux mettre en lumière ces petites violences ordinaires ? Violences qui, nous explique Catherine Guéguen, seront directement enregistrées dans le cerveau de l’enfant, et ce quelque soit son âge.

Et Daniel d’ajouter : « je pense que notre génération à nous est charnière entre les générations d’avant où on se posait pas trop de questions et les futures générations. Il n’y avait pas tout ce qui était psycho, pas de remise en question. Mais maintenant on ne peut pas dire qu’on ne se sait pas. On sait comment ça fonctionne. »

Oui, on sait comment cela fonctionne. Dans une analogie assez magique, Juliette explique : « nous sommes comme une pierre carrée. La vie c’est comme une bétonnière qui tourne et qui va petit à petit polir cette pierre jusqu’à la transformer en galet tout rond. Si elle reste seule, la pierre mettra longtemps à se polir. Mais plus il y a de pierre dans la bétonnière, plus vite le travail se fera. » C’est bien ce que montre ce film, aussi modeste dans sa réalisation que puissant dans son intention : adultes et enfants se polissant entre eux, s’aidant mutuellement à devenir plus authentiques, plus vivants.

Et vous, à quoi ressemble votre arbre d’enfance ? Quels fruits donnent-ils aujourd’hui ?

 

Pour découvrir le film et de nombreux témoignages de soutien (dont Pierre Rabhi, Thomas d’Ansembourg, Cyril Dion ou Brigitte Oriol), vous pouvez visiter le site dédié : https://www.larbredelenfance.com

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