Facilitez votre accouchement en créant un environnement favorable à l’ocytocine.

La grande hormone de l’accouchement c’est l’ocytocine ! Grande? Pourquoi? Parce que l’ocytocine est impliquée dans l’ensemble des processus de la naissance : C’est elle qui donne le signal de départ, coordonne les contractions, nous met dans cet état second qui nous permet de traverser toutes ces sensations, nous offre ces moments de détente entre les contractions, dilate notre col de l’utérus, déclenche l’arrivée des merveilleuses endorphines qui sont notre anti-douleur naturel, nous fait ressentir physiologiquement le bonheur, l’amour avec notre conjoint et notre bébé… C’est THE HORMONE !

Mais, comme le dit le célèbre Michel Odent, “l’ocytocine est une hormone timide”. Et oui, aussi puissante qu’elle soit, elle est sensible et peine à se manifester quand nous sommes dans un état que beaucoup d’entre nous connaissent bien  : Le stress.

Comment ça, le stress peut ralentir notre accouchement?

Oui, oui, le stress nous fait sécréter une hormone appelée cortisol et cette hormone inhibe les sécrétions d’ocytocine. En gros, si on est stressée ou dans un environnement stressant cela concentre notre énergie et l’on ne se laisse pas aller à entrer dans notre accouchement qui du coup peut être ralenti voire, parfois, un peu mis à mal.

Ce phénomène est en fait une des nombreuses preuves de l’intelligence de la nature : Un mammifère en situation de stress = un mammifère en situation de danger potentiel = Réaction de survie : Eviter d’accoucher s’il y a danger car cela est risqué pour la survie de la mère et du bébé = hormone de stress (cortisol) inhibe l’hormone de l’accouchement (ocytocine) pour que le travail se mette en pause le temps de retrouver une situation favorable et sécurisante pour donner naissance. Cela est un phénomène très pratique lorsqu’on est une antilope et que le travail se met en route alors qu’une lionne affamée rode dans le coin. Mais quand on est une femme enceinte prête à donner naissance et que notre stress empêche le travail de ce faire correctement, c’est une autre affaire.

Mais, c’est un peu stressant de se dire qu’il ne faut surtout pas stresser pour que l’accouchement se passe bien !

Pas de panique, “ne stressons pas du fait de stresser” mais agissons plutôt sur ce sur quoi nous avons du pouvoir et pour le reste et bien: “vivons et nous verrons”.

Comment diminuer son stress ? Ou comment limiter les facteurs de stress?

Il y a plusieurs chemins pour cela:

  • Des outils de gestion du stress intérieur (yoga, hypnose, sophrologie, pranayama etc)
  • Créer un environnement, un contexte favorable à la création d’ocytocine en limitant ce qui met notre corps dans une situation de stress et de sollicitation extérieure.

Dans cet article, c’est sur ce second point qu’est l’environnement que je vous donne des éléments.

L’ocytocine aime les environnements où l’on se sent en sécurité, où l’on est peu stimulée de l’extérieur sur le plan mental et sensoriel, où nos besoins primaires sont comblés où l’on est détendue.

Une idée clef : CREEZ VOTRE BULLE ! 

Creez votre bulle pour l'accouchement

Dans cette optique, voici :

Des éléments concrets à prendre en compte pour favoriser l’ocytocine :

  • La lumière.

Une forte intensité lumineuse nous met dans un état de vigilance et limite notre intériorisation et donc entraine un état de stress interne. Pensez à cette image de film de mafieux où pour déstabiliser un des personnages, l’autre l’interroge en lui imposant une forte lumière en plein dans les yeux. Nous n’en sommes pas là à l’hôpital et, bien entendu, les néons d’une salle d’accouchement ne se veulent pas malveillants mais, ils n’en restent pas moins trop stimulants sur le plan sensoriel.

Observons les mammifère dans la nature, nombreux sont ceux qui s’isolent dans le calme et la pénombre pour mettre bas. Ils sentent instinctivement que cela est une situation favorable pour donner naissance. Si en tant qu’humain nous ne sommes pas toujours connectés à cet instinct, nous pouvons le mettre en application par la connaissance que nous en avons.

Dans la plupart des lieux de naissance, nous avons la chance de pouvoir demander à avoir une lumière douce (soit avec ce qu’il y a sur place, soit en emportant notre propre lumière personnelle et en fermant les rideaux). Ainsi nous pouvons créer une atmosphère lumineuse  intime dans laquelle nous nous sentons bien et qui facilite notre intériorisation.

En ce qui nous concerne, ajuster la lumière est la première chose que mon compagnon ait faite en entrant dans la salle nature et cela m’a permis de tout de suite me sentir bien. Il a fait en sorte de faire immédiatement de cette pièce notre cocon, notre bulle. Nous avions apporté une lampe de chevet classique ainsi qu’une lampe de sel faisant une lumière très légère et très douce ce qui a rendu possible le fait d’être quasiment dans le noir le temps de mon travail tout en permettant aux accompagnants et sage-femme d’avoir le minimum de luminosité pour se déplacer sans encombre (les détails se vérifiaient à la lampe de poche). C’était idéal en ce qui me concerne ! Et bonus, ma lampe de sel a été plus que bienvenue dans la chambre après la naissance pour les tétées de nuit ou simplement pour les moments où l’on aime avoir un oeil sur son bébé sans pour autant allumer les grands néons…

  • Les lieux et visages familiers//inconnus

L’importance de favoriser un lieu connu et un entourage familier vient soutenir la pertinence des projets d’accouchements à domicile. Cependant, pour celles et ceux dont ce n’est pas le projet ou pour qui cela n’est pas envisageable, il est possible de s’en accommoder autrement: Visitez les lieux, demandez à voir les salles d’accouchements, rencontrez les personnes du service. Si l’on ne peut passer outre les rotations de services le jour J, il est possible de demander que le nombre de professionnel nous accompagnant soit limité afin que l’on n’ait pas sans cesse à faire face à un nouveau visage et que l’on puisse ainsi tisser un lien de confiance avec celui ou ceux qui nous accompagnent.

  • La pudeur

Nous avons besoin de nous sentir respectées dans notre corps et dans notre intimité. Si vous en ressentez le besoin, vous pouvez demander à limiter au maximum les pratiques du type touché vaginal. Personnellement, je ne suis pas contre cette pratique si cela est nécessaire mais je ne suis pas favorable aux touchés systématiques et fréquents qui ne sont pas anodins sur le plan de l’intimité et de la pudeur. De plus, cela peut nous mettre dans une position d’être évaluée sans cesse sur l’évolution de cette fameuse ouverture du col et activer ainsi nos hormones de stress et notre intellectualisation du processus ce qui est totalement contre-productif.

  • La douleur

– Limitez les douleurs non nécessaires = développez des outils pour alléger notre douleur (mouvements et positions libres, respiration, sons, lâcher prise, ouverture, points de shiatsu et bonapace, bain chaud, massages etc…)

Changez votre rapport à la douleur pour en faire une alliée, un guide et pas une ennemie contre laquelle on lutte. Cela est un profond moyen de l’alléger, de la traverser et de vivre au mieux votre accouchement.

  • Les bruits soudains

Qui n’a jamais ressenti une décharge d’adrénaline en ayant entendu un bruit soudain auquel il ne s’attendait pas?

Pour vous en protéger n’hésitez pas à:

– Préparer une playliste de musiques adaptées qui feront un fond sonore propice à votre bulle et atténueront d’éventuels sons perturbateurs (du type l’accouchement de la voisine, les discussions des professionnels dans le couloir, les sons provenant de l’extérieur ou autre).

– Intégrer dans votre projet de naissance le fait que vous aimeriez favoriser tout ce qui vous permet de rester dans votre bulle et que vous seriez, par exemple,  “très reconnaissant que les professionnels entrent avec délicatesse et discrétion dans la pièce, qu’ils parlent doucement et avec parcimonie”.

  • Les odeurs

Le corps est en réaction quand il détecte des odeurs désagréables. Pour éviter cela n’hésitez pas à investir votre espace d’odeur familière et agréable.

Je ne pourrais que vous conseiller d’utiliser le mélange d’huiles essentielles “Accouchement harmonieux” de chez pranarom. Il est parfait pour accompagner l’accouchement en massant généreusement toutes les zones du corps qui ont besoin de l’être lors du travail, vous pourrez aussi bénéficier de sa bonne odeur en respirant directement le flacon ou en bénéficiant naturellement des effluves issus des massages. C’est “tout bénéf” ! Et, en plus, cela donne une mission claire pour le père ou l’accompagnant. S’il ne sait comment vous aider dans cette expérience, voilà une mission “simple” : masser avec cette huile les zones douloureuses hors des temps de contractions ! Cela peut être une aide extrêmement précieuse !

  • Le froid

Le froid nous raidit et limite la sécrétion d’ocytocine.

– N’hésitez donc pas à monter le chauffage dès le début du travail (surtout qu’il se peut que vous vous dénudiez…)

– Prevoyez une tenue confortable et modulable voire un plaid pour pouvoir adapter votre tenue à vos sensations thermiques (on peut avoir très chaud ou très froid ou passer de l’un à l’autre au fur et à mesure que le travail avance).

Il est important que votre partenaire ait cette information en tête et pense à vous demander si vous avez froid car vous ne vous en rendrez peut-être pas compte sur le moment et ne penserez donc pas toujours à demander de quoi vous couvrir.

Comment ça “je ne me rendrais pas compte que j’ai froid”? Ca n’est quand même pas compliqué ! Détrompez-vous, le travail de l’accouchement nous met dans un état second où notre esprit est concentré sur tout un tas de sensations corporelles et de vécus intérieurs.

Personnellement, j’avais prévu deux gilets, un plaid et des bouillottes et je me souviens très bien, après coup, de ce moment pendant le travail où je me recroquevillais et essayais sans cesse de remettre ma robe pour qu’elle me recouvre au maximum le corps. A ce moment là, je ne pensais à mon plaid ou à mon pull, je n’avais même pas vraiment conscience que j’avais froid et qu’il était possible d’y pallier. Mais dans l’après coup, j’aurais bien aimé qu’on me propose de me couvrir car  c’est évident que j’avais froid et que cela m’a peut-être un peu ralenti dans le travail à ce moment là.

  • La faim et la soif

La faim ou la soif peuvent attirer la concentration de votre corps qui a besoin d’être centré sur sa production d’ocytocine et sur tout le processus en cours. Cependant, il faut savoir que certains services hospitaliers ne seront pas favorables à ce que vous mangiez et buviez pendant le travail car ils anticipent le fait que certains accouchements ne se passent pas toujours comme prévu et qu’il y ait besoin de faire une anesthésie générale (cas où la présence de nourritures ou de liquides dans l’estomac peut être gênante). Bien entendu, je ne vous encourage pas à ne pas respecter leur demande mais peut-être pouvez-vous trouver un juste milieu ?!

Selon moi : mangez tant que le travail est léger et que vous n’avez pas de grosses contractions ! Vous ne savez pas combien de temps cela va durer et il vous faudra toute l’énergie nécessaire pour aller jusqu’au bout de votre accouchement ! Mais une fois que c’est bien parti, il y a des chances (ou plutôt des risques 😉 ) que votre ventre soit tellement impliqué dans le travail qu’il ne garde pas la nourriture. Suivez votre corps ! Si vous avez envie d’une bonne assiette de pâtes et que le travail est encore bien espacé et bien, tentez ! Pensez aussi à avoir dans votre placard ou votre valise des petites collations qui vous permettent de tenir le coup sans trop faire d’effort de mastication ou de digestion (Dattes, chocolat noir, fruits, barres de céréales, fruits secs, boissons). Et au passage, tant que l’on parle de nourriture : que votre compagnon/accompagnant prévoit aussi de quoi tenir le coup ! Il n’y a pas que vous qui allez avoir besoin d’énergie 😉 !

  • Repères spatiaux ou temporels

Tout élément qui nous amène à réfléchir et donc nous ramène à notre cerveau supérieur (néocortex) est susceptible de nous faire sortir de notre bulle et donc de ralentir le travail en cours. Pour cela, je ne peux que vous inviter à limiter toute stimulation extérieure !

N’hésitez pas à fermer les yeux. Et ce, d’autant plus si vous avez une horloge devant les yeux (cachez là) ou bien pendant le trajet maison/clinique si vous n’accouchez pas chez vous. Arrêtez de discuter ou de vous préoccuper d’autre chose que de ce qui se passe en vous. Entrez à l’intérieur de vous-même, à l’intérieur du processus!

Une sage-femme m’avait conseillé de demander que le minimum d’information médicale non nécessaire me soit transmis ainsi qu’un minimum de détails sur l’ouverture du col afin de réussir à “débrancher le néocortex”. Ce positionnement est délicat car quand on est dans un projet très physio, on souhaite aussi souvent être informé afin de pouvoir donné notre aval avant que tout acte ne soit fait. Dans ce cas, je trouve d’autant plus intéressant d’avoir vraiment établi le projet de naissance avec notre accompagnant et d’avoir évoqué ensemble notre positionnement  sur l’ensemble des actes potentiels sur lesquels nous avons un avis (décollement des membranes, rupture de la poche des eaux, épisiotomie etc.). Ainsi, si notre partenaire en a connaissance c’est lui qui pourra être un intermédiaire de confiance entre nous et la sage-femme. Cela limitera le nombre de fois où nous aurons à sortir de notre bulle tout en nous assurant du respect de notre projet de naissance.

La fonction du père ou de l’accompagnant : favoriser un bon environnement et être le protecteur de “la bulle”.

Ce que j’aime bien dans le fait de mettre en place tout cela, c’est que cela donne aussi une place très concrète à votre partenaire qui ne sait pas toujours quoi faire pour vous aider lors de l’accouchement.  Il peut même se faire une check liste pour le jour J. Pour avoir moi-même accompagné un accouchement, je vous assure que, lui aussi, il risque d’avoir le cerveau dans un état second 😉

Exemple de check liste pro-ocytocine pour votre accompagnant :

  • Favoriser tout ce qui permet à la femme qui accouche d’être dans sa bulle : lumière douce, sons (musique, sons graves), mouvement libre (marcher, changer de position librement et lui proposer des coussins ou autres accessoires pour être à l’aise si besoin).
  • Limiter toutes stimulations extérieures pour qu’elle puisse lâcher son mental : limiter les interactions verbales (ne pas trop lui parler, faire l’intermédiaire avec les soignants si besoin). Limiter les stimulation visuelle (éteindre les lumière fortes), temporelle (cachez l’horloge et évitez de regarder votre montre devant elle).
  • Faire en sorte qu’elle se sente respectée et en sécurité.
  • Lui permettre de s’exprimer librement sans la juger (Préparez vous, il paraît qu’il y en a qui font des sons bizarres ou qui prennent des postures étranges… 😉 )
  • Etre simplement là, présent. Etre le rocher dans la tempête, stable et soutenant.

Un détail important : Cet environnement favorable à l’ocytocine doit être présent toute la durée de l’accouchement.

La naissance de votre bébé n’est pas la fin de votre accouchement, il reste une phase importante après : la délivrance (l’expulsion du placenta). Continuez donc à être dans votre bulle jusqu’au bout, savourez les premiers moments avec bébés et accompagnez le processus jusqu’à la délivrance et même après car, cet environnement est aussi une belle manière d’accueillir bébé tout en douceur 🙂

 

Trouvez quel est votre environnement favorable à vous !

Prenez le temps de vous projeter : dans quel environnement vous sentirez-vous bien pour accoucher? S’il y a des éléments physiologiques communs à toute femme, il y a aussi beaucoup de choses qui sont très personnelles et c’est à vous de vous créer, avec votre compagnon, votre propre environnement favorable. Certaines se sentiront par exemple plus à l’aise chez elle et envisageront donc un accouchement à domicile et d’autres se sentiront plus en sécurité et donc plus détendue dans une structure médicale. Certaines se sentiront bien à l’extérieur, les pieds sur la terre et la tête dans les étoiles alors que d’autres auront le réflexe de trouver un espace intime et fermé. A chacune de sentir ce qui sera un contexte favorable au fait de pouvoir lâcher et envisager la grande traversée de la manière la plus confiante possible.

Cet article, je l’ai écrit pour vous donner des éléments concrets pour mettre en place un contexte favorable à l’arrivée de votre meilleur partenaire d’accouchement qu’est l’ocytocine. Mais il y a bien sûre plein d’autres outils, des dispositions intérieures à développer et des clefs pour vivre au mieux votre accouchement !   En attendant, j’espère que cet article vous aura donné quelques éléments concrets pour vous accompagner pour la préparation du grand jour 🙂

De votre côté, quels sont les éléments qui vous parlent le plus dans ceux évoqué ici?

Partagez-nous : Avez-vous des choses qui vous ont aidé à être dans votre bulle et à vivre au mieux votre accouchement ?

Au plaisir de vous lire 🙂

 

Avec vous sur le chemin de la naissance,

Marie.

Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 65
    Partages

1 commentaire sur “Facilitez votre accouchement en créant un environnement favorable à l’ocytocine.”

  1. Bravo Marie pour ce très bel article. Si l’on peut il y a aussi la danse, le mouvement qui permet de se détendre. Moi je l’ai pratique pour mes 2 grossesses et accouchements et ça m’a vraiment aidé! C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai Crée la Danse prénatale.
    Sonia Danse prénatale

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *