Outils colère

Comment faire avec ma colère ? Partie 2 : des outils !

Comme promis, voici la suite de l’article sur “Comment faire avec ma colère”
La première partie proposait d’en savoir un peu plus sur la colère : comment fonctionne-t-elle? Comment la désamorcer avant qu’elle ne nous submerge ? Comment trouver des manières non violentes et authentiques de communiquer nos ressentis ?

Dans cette deuxième partie, nous aborderons une partie essentielle : LES OUTILS !

Outils colère

Une sélection d’outils efficaces pour se libérer de sa colère

Nombreux sont aujourd’hui les personnes qui, comme vous et moi, souhaitent aller vers plus de bienveillance relationnelle.

C’est un chemin magnifique mais qui peut s’avérer complexe voire impraticable quand nous sommes pris par les émotions.

Beaucoup d’entre nous en témoignent:

– “Quand je suis stressé, fatigué ou sous le coup des émotions, bye bye la bienveillance, il ne faut pas me chercher!”

– “Je pratique l’éducation positive, ça me parle bien. Par contre si je suis trop en colère, là, les vieux réflexes reviennent, c’est plus fort que moi. Je ne sais pas comment faire…”

Afin de donner quelques pistes pour que la bienveillance ait sa place même dans de telle situations, nous vous proposerons ici, un ensemble d’outils pour vivre et évacuer votre colère sans dommages collatéraux.

Après la CNV, découvrez la DNV

CNV = communication non violente.
DNV = décharge non violente (ne soyez pas surpris de ne pas connaître ce terme, il est inventé pour l’occasion de cet article 😉 )

 

  • 1 – Le coussin de la colère

Coussin de la colère

Puisqu’il est libérateur de frapper mais qu’il est important de ne faire mal ni à d’autres ni à soi même, il est
intéressant de trouver un objet en mesure de recevoir ces coups.
C’est dans ce cadre qu’intervient le célèbre « coussin de la colère ».

Le principe est simple, on trouve un
coussin qui ne craint rien et on se défoule dessus.
On libère simplement l’énergie en frappant dedans.

On peut aussi lui énoncer ces quatre
vérités sans qu’il s’en offusque voir utiliser une frite ou tout autre objet
pour taper dedans si cela nous soulage davantage.

L’avantage c’est que ça fait du bien de « se lâcher un bon coup » et de décharger le « trop plein » .

Le coussin de la colère pour les enfants

Cela peut aussi se faire avec les enfants pour “décharger en famille”. C’est d’ailleurs une bonne façon de leur procurer un moyen simple et efficace pour exprimer leur propre colère.

Pour ma part, cela m’a été parfois utile étant enfant mais j’ai souvent eu une forme de retenue qui m’empêchait de m’en servir facilement. Peut-être parce que mes propres parents nous le proposaient mais ne l’utilisait pas pour eux-mêmes (ou du moins, je ne m’en souviens pas). Au final, il fallait vraiment que je sois très énervée pour opter pour cette forme de décharge. Mais quand je m’en suis servi, cela a été très libérateur.

Disons que, en ce qui me concerne, c’est un bon moyen de décharger le surplus quand on est au bord de l’explosion. Mais je trouve qu’il est intéressant de le compléter par un deuxième moyen, plus subtil, pour libérer le noeud qui a généré la colère.

 

  • 2 – Le cri libérateur

Quand l’énergie de colère est là on a
parfois l’envie irrépressible de crier.

Le cri libérateur - colère

Alors, pour libérer cette énergie sans
pour autant se mettre à hurler sur une autre personne (comme notre conjoint ou nos enfants) on peut trouver un
endroit approprié pour le faire.

Crier dans la nature

Pourquoi ne pas aller prendre un grand bol d’air dans la nature ?

Là, face au vent, on peut
s’autoriser à crier de toutes nos forces !

 

Pour aller un peu plus loin :

Une fois le cri libéré, vous pouvez ressentir l ‘énergie de la terre sous vos pieds vous connecter à elle, à votre ancrage.

Cette terre, de la même manière qu’elle peut absorber des charges électriques, a le pouvoir de nous aider à décharger, par nos pieds, notre surplus d’énergie négative.

Connectez vous à votre ancrage, à la libre circulation de l’énergie entre la terre et vous.

Cela vous aidera à “redescendre en pression” tout en vous ressourçant en profondeur !

Deux bonnes raisons de tenter l’exercice, non ?

 

Trouver un endroit pour accueillir notre cri où que l’on soit

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir facilement accès à des espaces de nature pour aller crier un bon coup.

Mais, pas d’inquiétude, quand on en a besoin, on trouve souvent à proximité un espace où il fait bon de se lâcher.

Cela peut être :

  • En voiture (on parle d’un cri
    libérateur et pas forcement un flot d’insultes pour les autres
    automobilistes..n’est ce pas ? 😉 )
  • Dans votre salle de bain
  • Dans votre fameux coussin de la colère.

L’avantage de ce dernier est qu’il atténue le son si vous vous plaquez la tête dedans. Cela pourra vous aider à vous lâcher sans avoir peur d’alerter le quartier ou d’alarmer la maisonnée. Et vous pouvez même le mordre à l’occasion, il ne vous en voudra pas. 😉

Comme vous voyez, il y a plein de possibilités. L’idée est de trouver ce qui vous convient et de ne pas hésiter à vous isoler pour vous laisser aller à vous exprimer en toute liberté !

 

  • 3 – La technique du Tigre

(Le nouvel outil dont je vous parlais au
début de la première partie de l’article)

C’est une sorte de mélange entre le besoin de
frapper et celui de crier car ici et le corps et la voix sont tous deux sollicités.

Le tigre en pratique

Trouvez vous un coin adéquat (isolez vous si besoin).
Fermez les yeux quelques instants.

Tigre de la colère

Entrez en contact avec cette émotion de colère, imaginez vous dans la peau d’un tigre.
Vous ressentez vos mains qui s’élargissent, vos ongles qui se transforment en de grosses griffes acérées.
Votre carrure se développe et votre visage devient celui du félin avec sa mâchoire puissante et son regard pénétrant.

Visualisez maintenant que vous êtes en face d’un arbre
que vous souhaitez réduire en allumettes et… lâchez vous !

Lacérez l’écorce de cet arbre avec vos
griffes, rugissez votre colère, libérez cette force qui ne demande qu’à
sortir !

Adaptations

En sourdine
Cet exercice peut aussi se faire sans le son (c’est mieux si vous êtes dans les toilettes de votre entreprise 😉 )
Dans ce cas-là, n’hésitez pas à rugir en silence à agiter la tête et tendre les traits de votre visage. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de son que le reste ne doit pas exister.

– En famille

On peut aussi le faire en famille quand il y
a une phase de colère partagée, chacun son arbre et c’est parti pour la famille
tigre ! Un moment à la fois ludique et libérateur !

En mode “Eco-friendly”

Si vous êtes pour la préservation des arbres, vous pouvez imaginer un gros rocher ou tout autre chose qui vous inspire. 😉

 

  • 4 -L’activité physique

La colère est de l’énergie et le sport est
une bonne manière de se défouler et de libérer cette énergie.

A vous de voir ce qui vous fait du bien: un footing, le tour d’un lac en vélo, vous lâcher sur la
piste de danse. A chacun son “défouloir”.

Mais n’hésitez pas à coupler cette pratique avec un autre outil.

  • 5 – La créativité

L’énergie présente dans les émotions est tout simplement énergie de vie qui prend un chemin émotionnel. Cette énergie vitale est la même énergie que celle qui nous pousse à créer.

La sublimation par l’art

Peinture, dessin ou autre

L’art thérapie nous l’enseigne : l’art a de grandes fonctions libératrices.

Sublimation par la peinture

Pour ma part, c’était un outil que j’utilisais déjà énormément à l’époque de mon adolescence.
Quand je ressentais de la colère, je montais dans ma chambre, prenais une grande feuille et ma boite de pastels secs et c’était parti pour un festival de couleurs et de formes. Cela me permettait clairement d’évacuer mon surplus émotionnel. Et plus la feuille était grande, plus je pouvais me déchainer et me libérer.
Mon pauvre parquet se retrouvait couvert de poudre colorée. Mais, comme pour le “pauvre coussin de la colère”, cela n’est qu’un dommage secondaire tout-à-fait acceptable.

Ecriture

Ecrivez votre colère.

Ecrire sa colère

Prenez une feuille et écrivez tout ce qui nous passe par la tête. Lâchez la forme (la
conjugaison, la grammaire voire même la cohérence) et ne chercher pas à peser vos mots. Cette lettre, même si on l’adresse à une personne en particulier, a vocation à être détruite (la bruler, la mettre à la poubelle, la découper… ).

Si vous souhaitez exprimer votre colère à la personne concernée sous forme de lettre, vous pouvez faire un premier jet « brut de décoffrage » qui vous fait du bien mais que vous garderez pour vous ou pour votre cheminée. Et ensuite seulement, vous pourrez écrire un deuxième jet en mode «  communication non violente » que vous pourrez transmettre à l’intéressé. Le fait de vous lâcher sur le premier jet vous aura fait prendre une certaine distance avec votre colère et vous permettra d’y mettre les formes. Ce qui rendra l’écrit plus facile à recevoir pour le destinataire et moins nocif pour la relation à long terme.

Le sexe

Cette énergie vitale de la créativité est la même que celle à l’oeuvre dans la sexualité. Le sexe n’est autre qu’une des plus grandes des activités de créativité dans le sens où elle a le pouvoir de création d’un autre être par la pro-création.

Certains d’entre vous ont déjà pu expérimenter d’aller vers la sexualité avec cette énergie de colère.
C’est ce qu’on nomme communément « les réconciliations sur l’oreiller ».
En soit, c’est toujours mieux d’aller vers quelque chose qui réunit que vers quelque chose qui fait violence. Dans cette dynamique, la « DNV sous la couette » peut-être considérée comme une voie pour décharger.

Pour ma part, j’ai à coeur d’aller ver une sexualité harmonieuse voire sacrée où c’est le sentiment d’amour et d’unité qui initie et guide la sexualité.
Ce n’est donc pas un outil qui me parle et que je recommande mais cela reste une voie d’expression de l’énergie vitale. Et c’est à chacun de voir comment il souhaite vivre son intimité.

Quand on a encore de la ressource pour penser malgré la colère

 

  • 6 – La respiration

Si vous prenez le temps d’observer votre respiration vous remarquerez qu’elle change en fonction de vos états intérieurs.

Ainsi, quand vous êtes en colère, votre respiration s’accélère, se raccourcit, se saccade. Certains ont même des moments de rétention du souffle.

Ce type de respiration entretient notre état de tension interne. C’est un cercle vicieux !

L’idée est donc de ralentir la respiration. De se centrer sur notre souffle.

 

Exercice 1: Ancrer vous dans votre respiration

– Phase 1: Tout d’abord, recentrez vous sur votre respiration.

Inspirez, sentez que vous inspirez.

Expirez, centrez vous sur votre expir.

Déplacez votre attention de l’objet de votre colère vers votre respiration.

– Phase 2 : Expirez votre colère

Inspirez profondément par le nez. Ressentez que vous vous reconnectez à votre centre.

Expirez longuement par la bouche. Imaginez que toute votre colère sort à l’extérieur de votre corps par le biais de cet expir.

(Répétez le cycle plusieurs fois)

 

Exercice 2 : Allongez votre respiration

Allongez et harmonisez votre rythme respiratoire.

La respiration de la colère est rapide, tendue, haute.

L’idée est ici d’inverser la tendance pour indiquer à votre corps votre intention de sortir de cet état. Donc, on va vers une respiration plus lente, souple et équilibrée.

En pratique :

Phase 1

– “J’inspire, j’allonge mon inspire”.

– “J’expire, j’allonge mon expire”.

Essayez de faire en sorte que votre inspir et votre expir soient égaux en durée et en intensité.

Si vous souhaitez approfondir cet exercice : Vous pouvez continuer à le pratiquez en comptant jusqu’à 5 sur l’inspiration et de même sur l’expiration. Cet exercice d’équilibre de la respiration vous amenera vers un état d’harmonie psychique et physiologique que l’on appelle “Cohérence cardiaque”.

 

Exercice 3 : Du thorax vers le ventre

Ralentissez votre rythme de respiration et équilibrez l’inspir et l’expir (comme dans l’exercice 2)

Maintenant, placez votre attention sur votre ventre.

La colère est une respiration thoracique. C’est-à-dire une respiration haute, où c’est principalement le thorax qui se gonfle et se dégonfle.

Pour vous calmer il est intéressant de rééquilibrer votre respiration. La colère vous a placé dans un mode de respiration thoracique.

Le fait de mettre la conscience sur l’espace abdominal vous aidera à retrouver le calme.

– “J’inspire, je ressens l’air qui descend jusqu’à remplir mon ventre”.

– “J’expire, mon ventre se dégonfle”.

– “J’inspire mon ventre se gonfle naturellement”.

– “J’expire, mon ventre se détend”.

 

Bienfaits général de la respiration

Respiration nature

 

Notez que ces exercices de respirations, s’ils sont utiles pour gérer votre colère, sont à pratiquer plus généralement pour calmer vos états émotionnels aigüs (Anxiété, angoisse, tristesse etc.).

Je ne peux aussi que vous encourager à les pratiquer au quotidien et ce “même quand tout va bien”. Cela vous procurera un état de bien être intérieur d’autant plus durable que vous le faites régulièrement.

 

Et ça sera une bonne manière de vous donner les moyens d’accueillir différemment les prochaines situations susceptibles de vous réveiller des émotions 😉

 

  • 7 – La piste de l’introspection

Parfois, la colère est le résultatante d’un écho entre une situation/une personne et une partie de nous que nous aimons pas ou que nous avons du mal à accepter.

Le signal d’alerte : “La disproportion”
Quand quelque chose ou quelq’un nous met en colère de manière totalement disproportionnée nous devrions considérer cela comme un signal.

La colère comme signal

En effet il est fréquent que cette « disproportion » soit une indication. Le signe que cette situation/ cette personne vient “chatouiller” une dimension de nous même, de nos failles, de nos désirs ou des nos souffrances.

 

Des exemples :

Ce qui nous agace tant chez cette personne est parfois quelque chose que nous aimerions avoir sans nous l’avouer.

  • Si on est profondément remontée contre notre copine Céline qui a une dimension de séductrice c’est peut être  parce que nous aimerions aussi être séduisante mais que nous ne savons pas comment nous y prendre. Bien sûre que sa manière à elle ne nous convient pas forcément (trop aguichante). Mais, à notre façon, nous aimerions pouvoir plaire et savoir comment nous y prendre. Résultat, nous pouvons nous sentir agacée de manière complément disproportionnée contre cette pauvre Céline qui souriait simplement au voisin de la table d’à côté.
  • Si nous sommes complètement exaspéré par l’attitude d’une personne qui prend la parole facilement en public dont on trouve qu’il a un ego surdimensionné. Il n’est pas impossible que ce soit, par exemple, parce que dans le fond, nous aimerions développer cette confiance qui permet de s’exprimer avec aisance en public.

A l’inverse, une colère disproportionnée contre quelque chose d’anodin peut aussi nous indiquer non pas ce que nous aimerions avoir/être mais une dimension de nous que nous n’aimons pas:

  • Si, par exemple, nous ne tolérons pas que l’autre soit mal organisé ou laisse ses affaires trainer alors que c’est justement un fonctionnement que nous avons et que nous tentons d’éliminer. L’autre devient un miroir et, par son comportement, nous rappelle nos travers. Il devient ainsi la proie facile de notre courroux.
  • Quand un comportement anodin de notre enfant nous hérisse au plus haut point. Est ce que cette réaction concerne uniquement la situation présente? Est ce que mon enfant me renvoie quelque chose de ce que j’étais moi même étant enfant? Qu ‘est ce qui fait que je suis aussi réactif?

La colère peut aussi survenir quand la situation fait écho avec une souffrance passée ou que l’on associe la personne avec une autre relation et avec toutes les blessures qui y sont liées.

Dans les différentes situations, la colère se porte sur quelque chose que nous n’acceptons pas de nous: un désir inacceptable ou bien un trait de personnalité. Notre colère vient d’ailleurs ou de plus profond. Et c’est ce jeu du déni, des projections, des identifications projectives ou du transfert qui nous amène à vivre des émotions et des interprétations en décalage avec ce qui se joue dans la réalité d’ici et maintenant.

 

Nous pourrions ainsi développer pléthore de pistes psychologiques. Mais l’idée est juste de donner des illustrations car chaque situation, chaque sujet, a sa propre vérité

Ce que je voulais vous faire passer ici c’est:

Si votre colère est proportionnelle à la situation: Ok, trouvez votre façon de la vivre et de la libérer dans les différents outils que vous avez.

Si, par contre, votre colère est totalement surdimensionnée par rapport à la situation alors prenez du recul et interrogez vous ! N’y a t’il pas quelque chose derrière cette colère? Contre quoi/qui suis je vraiment en colère? Ne serait ça pas quelque chose qui fait écho en moi d’une manière ou d’une autre?

Tant mieux si vous trouvez des pistes pertinentes pour éclairer les raisons de cette colère. Cette situation et cette émotion aura été pour vous une occasion de faire du chemin dans votre développement personnel.

Mais, même si vous ne trouvez pas, ne vous en faites pas. Les pistes viendront probablement plus tard.

Le fait de simplement prendre conscience du fait que sa colère est disproportionnée sans pour autant en trouver immédiatement une interprétation pertinente est un grand pas en soit. Cela nous invite à prendre un peu de recul sur la situation, à décharger la personne de nos foudres qui viennent d’ailleurs et à entreprendre notre propre travail d’introspection.

Dans tout les cas, retenez une chose, si la colère est trop disproportionnée c’est qu’elle vous évoque autre chose. Alors prenez du recul, interrogez vous et ouvrez vous: cette colère a un message pour vous 🙂

 

  • 8 – Transformer notre rapport à nos désirs

Nous vivons dans une société de désir. Nous sommes invités à désirer tout et tout le temps.
Mais nous n’avons que peu de clés pour gérer intérieurement le fait de ne pas pouvoir y accéder.

Aussi, ce qui fait obstacle à notre désir active en nous frustration et colère.

Bien sûr les désirs font partie de la vie et de notre
humanité donc il n’est pas question de ne pas en avoir (ou du moins ce n’est
pas pour tout de suite 😉 ).

Par contre on peut changer notre rapport à nos désirs.
L’idée est de :
1/Apporter du discernement dans nos désirs pour distinguer ce qui est un désir essentiel ou besoin et ce qui est un désir superficiel/secondaire.
2/Développer l’acceptation de ce que la vie nous propose de vivre. Apprendre le détachement.
Plutôt que de s’accrocher à tout prix à un désir qui ne peut être accomplit (ce qui ne ferait qu’entrainer de la souffrance) la clé est parfois de simplement lâcher prise.

Vous me direz peut être : est-ce que vous êtes en train de dire qu’il faut abandonner ce qui est important pout nous ?

Non, bien sûr que non ! Les choses vraiment importantes nous
demanderont détermination !
Mais soyons honnête, est ce que nous nous mettons en colère uniquement pour des choses fondamentales?
C’est peut être là que nous pouvons avancer et arrêter de gaspiller notre énergie à nous mettre en colère pour des choses qui, au final, ne sont pas véritablement importantes.

Ainsi pour chaque désir et chaque situation j’évaluerai :

Est ce que c’est quelque chose de vraiment important pour moi? Et pourquoi?
(Noter que cette importance est vraiment subjective et que ce qui est important c’est ce qui compte pour vous!)
– Quelle marge de manoeuvre est ce que j’ai pour intervenir sur la situation de manière juste et bienveillante?
– Sur quoi je dois/peut lâcher prise?
– Sur quoi je décide d’orienter mon énergie? Qu’est ce qui est essentiel pour moi?

Petit exemple d’une situation que j’ai vécu cette semaine:

J’ai eu le grand bonheur de m’offrir une demi journée au spa avec une très bonne amie. Un moment que nous attendions depuis longtemps et dont nous avions grand besoin aux vues de nos vies bien remplie de jeune maman et du manque évident de temps pour nous.

– Scène 1: Arrivée devant le guichet je vois un écriteau « hammam fermé pour cause de travaux ». Aïe ! Dur ! Nous avions ce désir de spa depuis longtemps et le hammam faisait partie du trio gagnant. Une nouvelle difficile à accepter !

Nous étions face à un choix:
Soit nous restions coincée avec cette nouvelle qui entravait nos désir et nous entrions dans le mode « colère, frustration ».
Soit, nous nous recentrions sur ce qui est vraiment important pour nous. Passer du bon temps ensemble et nous détendre. Dans ce cas, accepter la situation était la clef pour vivre au mieux ce que nous proposait la vie et se concentrer sur ce que nous avions la chance de vivre: un moment pour nous dans un sauna.

– Scène 2 (Le même jour, au spa)
Prête à nous étendre et nous détendre, nous nous installons dans le sauna.
Allongées, yeux fermés, ça y est nous allons enfin pouvoir nous relaxer.
Mais là, deux autres personnes entrent dans le sauna et se mettent à parler haut et fort de toutes les problématiques de ce spa, du manque de professionnalisme, des questions de financement et j’en passe.
Phase 1 : Agacement.  D’une part leur conversation n’est pas d’un grand intérêt mais surtout le niveau sonore est élevé et cela m’empêche de vivre mon moment, pire, cela me stresse. Et là je vois mon amie la colère, qui vient pointer le bout de son nez. Ca y est, ces personnes m’énervent.
Phase 2  : Lâcher prise. Je décide d’utiliser mes ressources intérieures pour lâcher prise et réussir à me détendre malgré tout. J’allonge ma respiration. Je me créer une « bulle de bien être ». Je me centre sur les aspects positifs et relaxant de l’instant (la température, l’ambiance, l’air, les mains de mon amie qui me massent la tête etc.)
Phase 3: Action non violente. Je constate que malgré tout mes efforts cette situation me met à mal. C’est un moment trop rare pour moi et j’ai trop besoin d’en profiter pleinement ! C’est décidé : il faut que je fasse quelque chose !
Après avoir tenté un ou deux “soupirs-indices”, rien ne change. Ce sera donc la voie de l’action.
« Excusez moi de vous interrompre, j’entends bien qu’il y aurait apparemment un certains nombres de choses qui serait à améliorer dans cet établissement. Cependant, pour ma part je ne viens que très rarement et j’ai vraiment envie de pouvoir me centrer sur les aspects positifs de cet endroit afin de pleinement profiter de la détente. » Avant même que je n’ai eu le temps de finir en posant ma demande (Est ce qu’il vous serait possible de faire moins de bruit?), les personnes ont rétorqués d’un bien sûre madame, excusez nous.

Observations

Le fait d’avoir pu poser ces mots de manière juste et non violente ont permis à ces personnes de les recevoir avec le sourire. De mon côté, cette méthode douce m’a permis d’être en accord avec moi même.
J’ai ainsi pu profiter d’un vrai moment de pure détente qui m’a rechargé en profondeur. Merveille !
Et bonus, apparemment, je ne suis pas la seule à qui ça ait fait du bien car deux autres personnes sont venue me voir une fois sorties pour me dire que j’avais bien fait de dire quelque chose et qu’elles avaient pu bien mieux se détendre une fois le calme revenu.

Vous me direz que ces situations ne m’ont pas mise en grande difficulté et vous avez raison. Cependant, je trouve que ces « petites situations du quotidien » sont des bonnes occasions d’observer ce qui se passe en nous, d’identifier nos déclancheurs émotionnels, nos fonctionnements et de mettre en pratique les différents outils, tout simplement. Parce que si on ne sait pas se libérer d’une petite colère, comment imaginer y arriver avec une grande?

Cela nous montre également, qu’avec une même situation, on peut vivre les choses complétement différemment en fonction de notre positionnement intérieur et des choix que l’on fait.

A la fin de cette journée, je me suis sentie pleinement reposée et satisfaite d’avoir pu profiter de ce temps pour moi.
Mais dans cette même situation, j’aurais pu garder en tête : “on avait prévu la journée parfaite et rien ne s’est passé comme prévu, le hammam était fermé alors que c’est ce que je voulais faire. En plus, la dame de l’accueil était désagréable et pour ne rien arranger, il y avait des gens insupportables dans le sauna. Je n’ai même pas pu me détendre tranquillement.

La façon dont on vit les choses et la manière dont on souffre ou non d’un désir qui ne peut être accomplit dépend de nous. Osho, un grand sage et philosophe indien, disait :

« La vie en elle même est une toile vide. Vous pouvez peindre la misère, vous pouvez peindre la joie. Cette liberté est votre splendeur. »

L’attitude de témoin : “Laisser les chevaux passer”

L’attitude de témoin est une posture intérieure d’une grande richesse. C’est une clé importante pour vivre ses émotion d’une manière différente.

Dans cette dynamique, l’idée est d’apprendre à observer ce qui nous traverse comme si on
regardait un écran.

Observez comme si la colère était une horde de chevaux sauvages et que vous les regardiez passer. Vous regardez les chevaux vous n’êtes pas les chevaux.

Le fait de regarder cette colère dans cette précieuse position de témoin participe à dissiper l’émotion.

Distance intérieure
Cela implique un certain travail de distanciation intérieure et de désidentification:

“Cette émotion est en moi mais je ne suis pas l’émotion »
“Je ressens de la colère envers cette personne qui a heurté mon retroviseur et qui ne s’est pas arrêté. Ok. Je ressens, je regarde cette colère en moi. Je l’observe et en même temps je sens que je ne suis pas limité à cette émotion.”
Cela me permet de ne pas être « débordé » par l’émotion brut et d’être disponible pour contacter mes ressources internes qui vont m’être précieuses pour transformer et apaiser mon état intérieur.

Comprenons nous bien, je ne dis pas de réfreiner ou de combattre l’émotion !

Combattre la colère est une abbération !
La colère est justement une énergie de combativité. C’est cet élan qui nous pousse à sortir  les armes pour nous défendre contre ce qui nous attaque ou lutter contre ce qui engendre de la frustration.
Combattre la colère, c’est lutter contre la lutte. C’est « le serpent qui se mord la queue » !

Ce serait bruler de l’énergie dans le vide ! Et notre énergie est précieuse c’est pourquoi on évitera de se battre contre notre propre colère.

Mais simplement regardons de l’extérieur avec bienveillance, l’acceptons la tout en la laissant passer et cela peut suffir à l’apaiser. « pioufffff, elle a
disparu ».

Le cadeau derrière la colère / Derrière la colère: un cadeau

Derrière chaque chose, si on sait regarder plus en profondeur, il y a un cadeau.
Même dans cette énergie de colère, il y a un cadeau.

L’émotion est belle dans sa pureté, l’émotion est humaine.
Elle vient nous dire des choses de là où nous en sommes dans notre rapport à l’autre, à nos désirs. Elle est un indicateur de nos zones de fragilité et de réactivité qui nous permet, si on sait l’observer, d’apprendre à mieux nous connaître

C’est une opportunité de croissance
C’est pourquoi, quand ces situations de colère surviennent, je vous invite sur le moment ou dans l’après coup à vous interroger:

Comment ressortir grandit de chaque situation qui me fait ressentir de la colère ?
En regardant : qu’est ce que cela évoque en moi? Qu’est ce que ça vient dire de là où j’en suis? Comment faire le petit pas suivant vers plus de sérénité et moins de réactivité?

A chaque personne sa singularité, son histoire, son message, son interprétation.

Je vous invite simplement à regarder chaque chose comme support de croissance. Et même les choses qui vous mettent en colère 😉

 

La colère: une voie vers la compassion

Dans cette dynamique, il existe aussi des outils et tout un cheminement intérieur pour aller au dela de la colère et accéder au bonheur de la compassion. Patanjali, grand Yogi indien, évoque même que la colère et la compassion sont les deux facettes d’une même énergie.

Son conseil: “quand vous êtes en colère, méditez sur la compassion”.

 

L’intention de cet article était de vous proposer des outils variés pour libérer ou transformer votre colère. Ces outils sont loin d’être figés et il en existe bien d’autres encore.

A vous de vous les approprier à votre manière !

Mais un conseil: ne  vous arrêtez pas à leur simple lecture. Essayez les, tester les, dans différentes situations, faîtes les vôtre !

Apprenez à vous connaître, à anticiper l’arrivée d’une émotion et à utilisez l’outil approprié ! Si on sait reconnaître les signes d’un orage émotionnel imminent, on s’équipe (parapluie, bottes, K-way / coussin, pinceaux, distance intérieure) ou alors on choisi de se préserver en restant dans des espaces où l’on est protégé.

S’approprier des outils c’est se donner des moyens de vivre nos émotions au mieux et donc d’être mieux dans soi et avec les autres.

C’est une  base importante pour vivre l’harmonie dans soi, dans sa famille et dans le monde !

 

Et vous, avez vous envie  de nous partager quels outils vous parlent? Quels sont ceux que vous comptez utilisez ou qui au contraire ne vous attirent pas du tout?

Avez vous d’autres astuces pour libérer votre colère sans violence?

 

Au plaisir de vous lire et d’échanger ensemble 🙂

Marie.

 

 

 

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